Perdre pied

Lu chez l’ami Leafar qui cite ici la Revue Esprit :

« Des « risques sans risque », tel est le pari perdu d’avance de la finance qui participe d’un état d’esprit qui la déborde largement. À quoi tient ce délire qui, s’il n’a pas donné lieu par hasard à des métaphores relatives à la drogue (produits toxiques) ou au jeu (addictions), a été exacerbé par la révolution technologique et la passion du virtuel ? Si des possibles sont toujours possibles, si l’on peut repousser les échéances et imaginer des stratagèmes de plus en plus fictifs, le risque est de perdre pied, d’oublier les fondamentaux, le monde proche, l’inscription spatiale et temporelle, bref les invariants anthropologiques sans lesquels il n’y a pas de valeur partageable ni de communauté humaine vivable. À défaut, l’imaginaire contemporain, qui se confond quelque peu avec celui de la Bourse, oscille entre la fuite en avant et le krach. »

Et Raph qui ajoute :

« je suis frappé par la capacité de notre société à vouloir outsourcer les risques pour mieux les faire disparaître »

Pas mieux. Je suis trop terre à terre pour n’avoir jamais cru à cette “réalité-là”. Je préfère être un simple artisan, du cambouis plein le front.

Le 16 novembre 2008, rangé dans Vu ailleurs

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